TRIBUNE : Voter Emmanuel Macron pour battre le Front national et renforcer la social-démocratie

Crédits photo : REUTERS/Benoit Tessier

Avec tous les signataires de cette tribune (listés à sa suite), nous avons voulu réaffirmer le sens de notre engagement politique pour la social-démocratie et appeler, sans ambiguïté, quelles qu’aient été les préférences initiales de chacun, à voter Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle pour battre le Front national.

 

Depuis le 23 avril nous connaissons les noms des deux candidats arrivés en tête au premier tour des élections présidentielles. Après quelques heures de suspense, une certitude : Emmanuel Macron emporte la première place ; la seconde revient à Marine le Pen. Le constat est amer, douloureux, puisqu’hélas !, pour la deuxième fois en quinze ans, le Front national sera au deuxième tour.

Et là n’est pas le seul problème. Les grandes formations républicaines, Les Républicains et le Parti socialiste, ont été battues et sont aujourd’hui divisées voire déchirées. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il s’enferme dans un déni de réalité fort peu républicain, et une cécité volontaire à l’endroit des innombrables dangers sociaux, économiques, politiques ou éthiques que fait peser le spectre d’un Front national fort aux élections présidentielles puis législatives.

À Inventer à gauche, nous nous disons réformistes, européens et décentralisateurs. C’est notre façon de nous situer dans le débat public, en revendiquant une filiation social-démocrate et une attention constante aux grands défis que pose le monde contemporain, et aux solutions et espoirs qu’il suscite tout autant. Depuis dix ans, nous, militants et dirigeants du Parti socialiste et hors du Parti, élus nationaux et locaux, syndicalistes et responsables associatifs, hauts fonctionnaires et représentants de la société civile, sommes réunis à Inventer à gauche pour faire triompher les valeurs de justice sociale, d’humanisme, de progrès économique et démocratique.

Notre combat se structure autour de convictions fortes. La première de ces convictions lie de manière indissoluble désir de prospérité et quête d’égalité entre les citoyens. Nous croyons en effet nécessaire de combiner le progrès économique et la réduction des inégalités à partir d’objectifs ambitieux et réalistes. En outre, nous souhaitons inscrire les politiques publiques dans le temps long, en refusant de céder à une médiatisation qui confine souvent à la dictature de l’urgence. Toutes les politiques d’envergure (réduction des inégalités, de la pauvreté, transition énergétique et écologique,…) sont des entreprises de longue haleine qui nécessitent de forts investissements humains, matériels et financiers, souvent à l’échelle du monde. Pour engager la France sur le chemin des réformes nécessaires à la pérennisation de son modèle social, nous préférons convaincre plutôt que séduire, promouvoir le dialogue social et citoyen plutôt que gesticuler et émouvoir.

C’est là encore une ligne de fracture radicale avec le Front national.

Opposés à lui sur le plan des valeurs et de la méthode, nous le sommes aussi sur la question européenne. Car nous sommes résolument européens ! Lucides sur l’état actuel de l’Union, notamment sur ses insuffisances aux plans fiscal, social et diplomatique et  sur la montée des populismes qui tendent à l’ébranler, nous affirmons que les prétendues solutions préconisées par Marine le Pen sont dangereuses. Elles portent en elles l’affrontement ou pire, la guerre, comme l’orage porte la foudre. Ce message, avec Jaurès, nous le revendiquons. Et avec les pères fondateurs, nous le clamons : sans l’Europe, le fantôme de nos cauchemars reviendrait hanter les nuits de nos enfants. Notre continent a trop souffert des divisions et du mépris de l’autre. Toutes nos villes et nos campagnes en portent encore les stigmates, comme autant de plaies à peine refermées.

Forts de cette mémoire et de nos convictions politiques, nous dénonçons sans ambiguïté l’instrumentalisation qui est faite par le FN de la haine de l’autre et de la misère économique et sociale. Nous appelons à garder la possibilité d’un autre projet de société que cette chimère passéiste et xénophobe, où la force voudrait faire loi. Aussi, quelles qu’aient été les préférences initiales de chacun, le moment est venu de faire battre Marine Le Pen : nous appelons donc à voter Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Et nous préparons, dès aujourd’hui, avec toutes celles et tous ceux qui le veulent, la constitution à gauche d’un pôle parlementaire et militant social-démocrate, capable de peser dans la mise en œuvre d’une majorité à l’Assemblée nationale, sur la base d’un contrat de législature ouvert aux progressistes et à la gauche de gouvernement et d’une définition rigoureuse des priorités à mettre en œuvre dès la première année du quinquennat en France, en Europe et dans le monde.

 

Liste des premiers signataires

Edwige Avice
Alain Bergounioux
Robert Chapuis
Dominique de Combles de Nayves
Georges Constantin
Gilles Cornut-Gentille
Pierre-Yves Cossé
Edith Cresson
Christine Crifo
Daniel Delaveau
Jacques Delors
Marc Deluzet
Philippe Desgouttes
Michel Destot
Tony Dreyfus
Eric Elkouby
Claude Evin
Jean-Etienne Giamarchi
Michel Ginieis
Serge Godard
Roger Godino
Dominique Gros
Elisabeth Guigou
Charles Josselin
Philippe Jurgensen
Alain Kirili
Laurence Laigo
Pascal Lamy
Benjamin Lanier
André Larquié
Yves Lecointe
Roselyne Lefrançois
Philippe Lépinay
Jean-Louis Levet
Gérard Lindeperg
Ariane Lopez-Huici
Juliette Méadel
Jean-François Merle
Jean Pierre Morlevat
Patrick Moulin
Yves Neuville
Philippe Ngwette
Erik Orsenna
Michel Ottaway
Pierre Papon
Patrick Peugeot
Jean Peyrelevade
Julien Pontier
Jean-Claude Prager
Pierre Pringuet
Alain Richard
Roland Ries
François Roussely
Bernard Soulage
François Soulage
Catherine Tasca
Catherine Trautmann
Claude Waret
Ariel Weil

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